Ce que vous coûte un devis fait à la main
Faisons le calcul simplement, avec des hypothèses posées noir sur blanc. Prenons un plombier-chauffagiste installé près d'Angoulême qui reçoit 40 demandes de devis par mois. Entre la reprise des notes de visite, la recherche des références chez le grossiste, le calcul, la mise en forme et l'envoi, chaque devis lui prend en moyenne 35 minutes.
40 devis × 35 minutes, cela fait un peu plus de 23 heures par mois. Presque trois journées de travail, le plus souvent prises le soir ou le week-end, après une journée debout.
Ces heures ont un coût, même quand on ne le voit pas sur une facture :
- du temps non facturé : chaque heure passée à taper un devis est une heure qui ne sert pas un chantier ;
- des devis qui partent tard : quand le devis attend le week-end, le client a parfois déjà signé avec celui qui a répondu le premier ;
- des erreurs de recopie : une référence mal tapée, une ligne oubliée, un taux de TVA mal choisi, et c'est votre marge qui trinque.
Nombre de devis par mois × minutes par devis ÷ 60 = heures par mois. Si le résultat dépasse une dizaine d'heures, l'automatisation mérite au moins une discussion. En dessous, un bon modèle de devis et une bibliothèque de prix propre suffisent souvent.
Ce que l'automatisation fait, et ce qu'elle ne fait pas
Avant de parler d'outils, voici à quoi ressemble un circuit de devis automatisé pour un artisan :
- Une demande arrive : mail, formulaire du site, message, ou appel qui se transforme en visite.
- Après la visite, vous envoyez les éléments bruts : quelques photos, une note vocale enregistrée dans le camion, l'adresse, les surfaces, le type de prestation.
- Le système transcrit la note vocale, identifie les ouvrages concernés et prépare un brouillon : descriptif des travaux, lignes de fournitures et de main-d'œuvre tirées de votre bibliothèque de prix, taux de TVA selon vos règles, conditions de paiement.
- Vous relisez, ajustez ce qui doit l'être et validez. C'est l'étape qui compte, et elle ne disparaît jamais.
- Le devis est mis en forme dans votre modèle habituel (ou poussé dans votre logiciel si c'est possible) et vous l'envoyez.
- S'il reste sans réponse, une relance part au bout de quelques jours, sur le ton que vous avez choisi.
Les prix viennent de votre bibliothèque, pas de l'imagination d'une IA. Les calculs (quantités, remises, TVA) sont faits par des règles fixes. L'IA sert à comprendre vos notes et à rédiger un descriptif propre. Rien ne part chez le client sans votre validation.
Ce que l'automatisation ne fait pas, et il vaut mieux le savoir dès le départ :
- elle ne remplace pas la visite ni votre œil sur le chantier : un mur qui sonne creux ou un accès difficile, c'est vous qui le voyez ;
- elle ne connaît pas vos prix tant qu'on ne les lui a pas donnés ;
- elle peut mal comprendre une note vocale ambiguë ou un cas qu'elle n'a jamais vu. D'où la relecture systématique.
Trois situations types chez les artisans charentais
Pour rendre les choses concrètes, voici trois profils qu'on rencontre souvent. Ce sont des exemples types, pas des clients : ils servent à montrer où se trouve le temps selon votre façon de travailler.
L'artisan seul et expérimenté
Plombier-chauffagiste à son compte depuis quinze ans. Il connaît ses prix par cœur et fait ses devis le soir, avec un mélange de Word, d'un tableur maison et des tarifs du grossiste en PDF. Environ 40 devis par mois.
Ce qui lui coûte du temps, ce n'est pas le calcul mais la saisie et la mise en forme. C'est le cas où l'automatisation se voit le plus vite : le brouillon arrive prérempli, il n'a plus qu'à relire.
La jeune entreprise qui grossit
Deux associés électriciens, une petite équipe, un site bien référencé autour d'Angoulême. Les demandes affluent, et le dirigeant chiffre après 19 heures.
Ici, l'enjeu est le délai. L'objectif est de répondre le jour même plutôt que trois jours plus tard, surtout sur les petits dépannages où le client choisit souvent le premier qui rappelle. Un accusé de réception immédiat avec quelques questions de qualification aide déjà beaucoup.
La PME multi-corps d'état
Une entreprise de 10 à 20 salariés en plomberie, chauffage et climatisation. Le dirigeant valide tous les devis, mais ce sont l'assistante et deux chefs d'équipe qui les préparent.
Le problème ici, c'est la cohérence : selon qui rédige, le niveau de détail, les conditions et la présentation changent. Un circuit commun, avec la même bibliothèque d'ouvrages et les mêmes règles, donne des devis homogènes et fait gagner du temps de relecture au dirigeant.
La méthode en quatre étapes
Inutile de viser la perfection le premier jour. La bonne approche est progressive : on commence petit, on vérifie sur de vrais devis, puis on élargit.
Étape 1 : comprendre votre façon de chiffrer
Avant de toucher au moindre outil, on note comment les choses se passent aujourd'hui :
- par où arrivent les demandes (mail, téléphone, formulaire, bouche-à-oreille) ;
- quels outils vous utilisez (Word, Excel, ou un logiciel comme Batigest, EBP, Codial ou Mediabat) ;
- vos grandes familles de prestations (dépannage, remplacement de chaudière, salle de bains, neuf, rénovation…) ;
- vos règles : taux de TVA selon les travaux et l'âge du logement, remises, frais de déplacement, acompte ;
- votre modèle de devis actuel.
Cette étape prend quelques heures. Elle évite d'automatiser une façon de faire qui ne vous convient pas.
Étape 2 : construire votre bibliothèque de prix
C'est l'étape la plus importante, et souvent la plus utile même sans automatisation. Le système ne sera jamais meilleur que les données sur lesquelles il s'appuie. On range vos ouvrages dans un tableau simple (Google Sheets, Airtable ou un export de votre logiciel) :
| Code | Désignation | Unité | Prix fourniture | Temps de pose |
|---|---|---|---|---|
| PB-001 | Robinet thermostatique de radiateur | U | 32 € | 20 min |
| PB-014 | Remplacement ballon électrique 200 L | U | 450 € | 3 h |
| EL-001 | Prise 16 A avec câblage | U | 4 € | 15 min |
Les prix ci-dessus sont fictifs. Les règles qui ne dépendent pas d'un ouvrage (taux horaire, coefficient de marge, TVA, déplacement) sont rangées à part. Pour les taux réduits de TVA, faites valider vos règles par votre comptable : elles dépendent du type de travaux et du logement, et elles évoluent.
La plupart des artisans ont entre 50 et 300 lignes. Si vous avez déjà une bibliothèque dans votre logiciel, on part de là.
Étape 3 : choisir des outils simples
Pas besoin d'une usine à gaz. Les briques habituelles :
- un outil d'automatisation (Make, n8n ou Zapier) qui relie les autres entre eux : à partir de ~10 €/mois (tarif indicatif, à vérifier). J'explique les différences dans le comparatif Make, Zapier et n8n ;
- une IA générative (ChatGPT, Claude ou Mistral, cette dernière étant française) pour transcrire les notes et rédiger les descriptifs ;
- votre modèle de devis actuel, qu'on reprend tel quel ;
- votre bibliothèque de prix, dans un tableur ou dans votre logiciel.
Si votre logiciel de devis accepte un import ou une connexion, le brouillon peut y arriver directement. Sinon, on travaille à côté, et vous gardez le logiciel pour la facturation et la comptabilité.
Étape 4 : tester sur des devis déjà faits
On choisit cinq devis représentatifs des six derniers mois, signés ou non, et on les rejoue avec le nouveau circuit. On compare :
- le brouillon reprend-il les bons ouvrages et les bonnes quantités ?
- les prix et la TVA sont-ils justes ?
- la mise en forme est-elle propre ?
- combien de temps faut-il, relecture comprise ?
Si les cinq tests passent, on bascule sur les nouvelles demandes. Sinon, on ajuste et on recommence. Pendant le premier mois de fonctionnement, les corrections sont incluses.
Vouloir tout automatiser d'un coup : devis, facturation, relances, planning et SAV dans le même projet. On commence par un seul levier, on le rode un ou deux mois, puis on ajoute le suivant. C'est moins spectaculaire, mais c'est ce qui tient dans la durée. La suite logique est souvent la facturation et les relances.
Combien ça coûte, et quand c'est rentable
Soyons transparents. Chez Automia, les prix sont les mêmes pour tout le monde et annoncés par écrit avant de commencer :
- diagnostic de 30 minutes offert, pour voir si vos devis valent la peine d'être automatisés ;
- audit à 490 € si vous voulez un plan détaillé (une demi-journée, déduit si un projet suit) ;
- mise en place à partir de 1 500 €, prix fixe selon le nombre d'outils à relier, livrée en 2 à 6 semaines, avec tests sur vos vrais devis, formation et mode d'emploi ;
- suivi optionnel à partir de 190 €/mois, sans engagement, si vous voulez que je surveille et fasse évoluer le système.
S'ajoutent les abonnements aux outils, généralement quelques dizaines d'euros par mois selon le volume. Les comptes sont créés à votre nom et la documentation vous est remise : une fois en place, le système est à vous. Le détail est sur la page tarifs.
Exemple de calcul (illustration)
Reprenons notre plombier et ses 40 devis par mois. Hypothèses : avec le circuit en place, un devis lui prend 12 minutes, relecture comprise, au lieu de 35. Il récupère donc 40 × 23 minutes, soit environ 15 heures par mois. Si l'on valorise une heure de son temps à 45 €, cela représente près de 690 € par mois.
Avec un projet à 1 500 € et environ 50 € d'outils par mois, l'investissement est couvert en un peu plus de deux mois sur ces hypothèses. C'est une illustration, pas une promesse : votre volume et votre temps réel se mesurent pendant le diagnostic. Pour faire le calcul sur votre cas, voyez aussi comment calculer le retour sur investissement d'une automatisation.
Et si le calcul ne tient pas, par exemple avec dix devis par mois, je vous le dirai. Dans ce cas, une bibliothèque de prix propre et un bon modèle suffisent.
Pas à l'aise avec l'informatique ?
C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse est plutôt rassurante. Vous n'avez pas besoin de comprendre comment fonctionne une IA, ni d'apprendre à coder. Le circuit est conçu pour s'utiliser comme votre téléphone :
- démarrer un devis : envoyer vos photos et une note vocale, comme sur une messagerie ;
- recevoir le brouillon : quelques instants plus tard, par mail ou dans votre outil ;
- le valider : relire, corriger si besoin, confirmer ;
- l'envoyer : un clic.
Une courte formation suffit, avec un mode d'emploi écrit pour les jours où l'on ne se souvient plus. Si vous savez envoyer une photo par message, vous saurez vous en servir. C'est d'ailleurs le principe de tout ce que je fais pour les artisans et entreprises du bâtiment : des outils qui s'adaptent à votre façon de travailler, pas l'inverse.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour mettre en place l'automatisation des devis ?
Comptez 2 à 6 semaines selon le nombre d'outils à relier et l'état de votre bibliothèque de prix. La première semaine sert à comprendre votre façon de chiffrer, la suite à construire la bibliothèque, brancher les outils et tester sur de vrais devis.
Est-ce que ça remplace mon logiciel de devis (Batigest, EBP, Codial…) ?
Pas forcément. Dans la plupart des cas, on garde votre logiciel pour la facturation et le suivi, et l'automatisation prépare le devis en amont. Si votre logiciel accepte un import ou une connexion, le brouillon peut y arriver directement ; sinon, on travaille avec votre modèle actuel.
L'automatisation peut-elle gérer la TVA, les remises et les options ?
Oui, à condition que les règles soient écrites noir sur blanc : taux de TVA selon le type de travaux et de logement, remises, frais de déplacement. Les calculs sont faits par des règles fixes, pas laissés à l'appréciation de l'IA, et vous relisez toujours le devis avant envoi. Pour les taux réduits, faites valider vos règles par votre comptable.
Mes données clients sont-elles en sécurité ?
On choisit des outils hébergés en Europe quand c'est possible, avec des offres qui n'utilisent pas vos données pour entraîner leurs modèles. Les comptes sont créés à votre nom et les accès limités au nécessaire.
Et si l'IA se trompe sur un prix ?
Les prix viennent de votre bibliothèque, pas de l'imagination de l'IA, et rien ne part sans votre validation. Les erreurs restantes portent surtout sur des cas inhabituels, que la relecture est justement là pour attraper.
Vous travaillez plutôt dans les services, avec des propositions commerciales plus rédigées ? Lisez plutôt automatiser ses devis et propositions commerciales de services. Et pour voir comment se déroule un projet, rendez-vous sur la page automatisation.